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Le Lesotho, des montagnes vertes à perte de vue

Pour la beauté des paysages dont parlait le Lonely Panet, nous avons décidé de faire un crochet de 3 jours par le Lesotho, sans avoir aucune idée de ce que nous allions y trouver... Une piste un peu cahoteuse nous emmène vers la frontière et là, nous commençons à hésiter : si toutes les routes sont comme çà au Lesotho, nous ferons demi-tour à la frontière car nous n'avons pas envie d'être ballotés durant trois jours.

Première surprise, le passage du poste frontière : La sortie d'Afrique du Sud se déroule de manière classique bien que plus rapidement qu'en Amérique du Sud. Par contre, côté Lesotho, nous resterons près d'une heure, le temps de faire visiter l'intérieur du Tin Can Truck à tous les douaniers présents (une dizaine), curieux de cette drôle de maison ! Ils repartiront tous avec un autocollant en nous souhaitant une belle découverte de leur pays qu'ils annoncent comme très sur et avec des routes asphaltées.  

Nous ne ferons, le premier jour, que peu de kilomètres car le soleil est déjà bien bas dans le ciel. Juste assez pour nous rendre compte du peu de véhicules sur la route et des dizaines de gens qui marchent, des kilomètres durant, pour ramener les courses, le bois ramassé ou une partie de leur récolte dans leur village situé plus haut dans la montagne. Le Lesotho est un pays très montagneux (entre 1000m et 3000 m d'altitude) et très vert. Il est en réalité le réservoir d'eau douce de l'Afrique du Sud. Nous nous arrêtons le long d'un champ, légèrement à l'écart de la route pour passer la  nuit avec une vue splendide sur les montagnes, les villages qui y sont accrochés et la rivière en contrebas. Il ne faudra pas 30 minutes pour que nous soyons "repérés" par les enfants du village voisin qui viendront vers nous, souriants et en ayant envie de jouer avec Cloé et Nathan. En très peu de temps, le ballon de foot est sorti, la table et le matériel pour réaliser des bracelets en élastiques sont mis en place et, durant plus d'une heure, ce seront 25 enfants qui visiteront le camion, réaliseront leur premier bracelet ou défieront Nathan avec le ballon. Au bout d'un moment, l'une des filles, celle qui semble mener le groupe, nous propose de déplacer le camion et de passer la nuit dans le village du chef (nous comprendrons plus tard qu'elle en est la fille).

Nous rencontrerons donc le chef du village qui vit un peu à l'écart des autres, avec sa famille. Son épouse parle un peu anglais, ce qui nous permettra de communiquer. Il nous explique qu'en tant que chef, c'est lui qui reçoit la nourriture fournie par le gouvernement (des sacs de céréales avec lesquels ils réalisent une sorte de porridge), c'est à proximité de sa maison que se situe l'unique robinet d'eau potable du village. Il gère une population de 900 habitants, majoritairement des enfants, chaque famille en ayant, en moyenne 8 ou 9. Le Lesotho, en raison des difficultés liées au chômage (beaucoup de pertes d'emplois suite aux fermetures de mines d'or en Afrique du Sud), de mauvaises récoltes suite aux intempéries, tente, avec difficultés de se relever petit à petit et survit actuellement grâce notamment au programme alimentaire de la communauté européenne et à son industrie textile. Ajoutons qu'ici, un quart de la population est porteuse du VIH.

Le temps passé dans ce village sera une expérience humainement très intéressante pour la chaleur de l'accueil et la découverte de leur mode de vie. Ces gens n'ont rien mais semblent unis, souriants et ont été hyper accueillants avec nous qui leur sommes pourtant complètement étranger ! Une des femmes du village souhaite venir avec nous dans notre pays jusqu'à ce qu'elle apprenne qu'en hiver nous pouvons avoir 15 cm de neige et des températures fortement sous le zéro. Elle aimerait que nous emmenions le bébé qu'elle porte sur son dos. Il est adorable et Cloé serait bien tentée mais c'est bien entendu in envisageable. Après une séance photo, nous quitterons ce village le lendemain pour nous enfoncer plus vers le centre du pays.

Nous passerons la seconde nuit à Semonkong pour découvrir, après une jolie randonnée, les chutes de Maletsunyane, hautes de 204 m et prendre ensuite la route dans les montagnes vers Thaba Tseka. A hauteur de ce village, la route s'arrête pour se poursuivre par une piste, longue de 200 km en direction de Sani Pass, poste frontière avec l'Afrique du Sud. Par endroit, cette piste est tellement dégradée que nous mettrons 12 heures pour la franchir. Bien que longue et difficile, elle nous offre des paysages et des traversées de villages tellement beaux que nous ne regretterons (presque) pas notre choix de route. Nous découvrirons ainsi les habitats en forme de huttes rondes, l'absence totale de véhicule à moteur, les travaux agricoles réalisés à la force des boeufs, des ânes et des chevaux mais également la mendicité des enfants en bord de route : "sweets, sweets...."

Nous passerons la dernière nuit en bordure de la piste pour nous réveiller entourés de quelques bergers à la fois curieux et effrayés par nous ou par l'énorme engin qui nous sert de maison. Il faut dire que notre camion a la taille d'une de leur case et qu'il est sans doute 10 fois plus équipé et que nos 140 chevaux sont bien plus bruyant que les leurs. Lorsque nous atteignons (enfin) Sani Pass, nous ne sommes pas au bout de nos peines.  

Le passage du poste frontière du Lesotho ne pose aucun problème mais la route qui suit, oui : nous nous trouvons face à une route en lacet, en cours de reconstruction, l'ancienne ayant été emportée par les pluies. La première portion se compose de 15 virages sur moins de 2 kilomètres avec une pente qui doit avoisiner les 20% et une route qui tient plus de l'escalier de pierres que de la route. Les douaniers sud africains que nous croiserons au poste frontière 15 km plus bas n'en reviendront pas que nous soyons passés par là avec le camion. Folie ou saine gestion du risque nous avons du mal à trancher mais quoiqu'il en soit, nous ne sommes pas prêts de réitérer l'expérience !

En dehors de la difficulté de la route, et même si nous avons finalement été ballotés un bon moment, nous ne regrettons absolument pas notre choix de passer par le Lesotho. C'est un pays quasiment sans infrastructure touristique mais qui mérite bien plus qu'un détour !


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