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Et après ?

Voilà presque quatre mois que nous sommes rentrés. Quatre mois que je n'écris plus sur ce site, à peine quelques mots sur Facebook, les banalités et l'humour des courts échanges habituels sur ce type de réseau. Autant j'ai adoré rédiger le récit de notre périple durant un an, autant là, l'envie n'y était plus, le manque d'intérêt également que pouvait maintenant avoir le déroulement de nos vies pour les lecteurs de ce blog. 

 
En écrivant cette dernière phrase, je me surprends à employer "nos vies" et non plus "notre vie". J'ai failli me corriger mais "nos vies" est plus juste. Chacun vaque à ses occupations, les enfants ont passé une bonne partie de leur été sans nous, à revoir les amis, les cousins, les papys, les mamys pendant que, de notre côté, nous avons fait de même avec grand plaisir. Pour nous, les deux mois d'été ont permis de renouer les liens et d'apprécier l'entourage de nos amis et de nos familles mais également de préparer le retour à une vie professionnelle mise entre parenthèse durant un an. Tout cela, ne parvenant pas à effacer, et c'est tant mieux, les souvenirs, les images, les rencontres engrangées et qui nous plongent régulièrement dans une certaine nostalgie.
 
Je reprends ma plume aujourd'hui parce que j'avais promis de parler de cet "après", de ce retour que redoutent tant les voyageurs au long cours. Les deux mois d'été m'ont donné l'illusion que nous atterrissions en douceur. Que petit à petit, nous reprenions notre vie d'avant, dans le confort de notre maison, notre environnement familier, entourés des gens que nous aimons. Ce n'était qu'une illusion car nous étions encore en dehors de toute contrainte horaire, de tout devoir d'organisation hyper rythmée par le boulot, l'ecole, les activités des enfants, les factures qui arrivent et tous ces petits soucis quotidiens qui nous ont été épargnés depuis un an. Être tous les matins à la même heure, au même endroit après le marathon reveil-p'tit dej - mallettes - boîtes à tartine - sac de gym - trajet m'est tombé dessus comme une chape de béton. J'entends déjà vos voix qui s'élèvent : "bienvenue dans la vraie vie !"
 
Et si cette vraie vie, nous n'en voulions plus (je n'en voulais plus, le reste de la Tin Can Team ayant l'air de plutôt bien s'en accommoder). Comment ralentir, comment ne pas repartir dans cette course folle contre le temps, contre nous même ? Notre voyage ne nous a-t-il donc rien appris ? 
 
Après deux mois au boulot, bien que le sentiment d'une perte de liberté, enfouie sous toutes les contraintes quotidiennes, s'estompe peu à peu; bien que nous nous levions chaque matin enthousiastes et motivés, ces questions sont toujours bien présentes. Y trouverons-nous un jour une réponse satisfaisante sans repartir ? Nous n'en savons rien... L'important est peut être plus de se poser la question que d'y répondre... Comme l'a dit je ne sais plus qui, l'important dans le voyage, c'est le chemin et pas la destination... Rendez-vous dans quelques mois ;-)