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De Walvis Bay à Opuwo (par Papy Jack)

Walvis Bay c'est gris partout. Le ciel est nuageux et gris, le sable  des plages de la baie uniformément gris ocre, les salines blanc gris, les containers du port gris brun, la mer gris vert, quelques touffes de plantes rases vert de gris.Alors comment ne pas se remémorer ici les gris sinistres des uniformes militaires allemands, colonisateurs de la Namibie, et dès lors  ne plus s'étonner que leurs descendants y trouvent  ici leur biotope comme ce prototype rencontré au yacht club de la ville qui loue l'organisation rigoureuse des anciennes colonies du Reich comparée au foutoir des colonies françaises ou britanniques.Heureusement c'est à WalvisBayque l'on peut grimper la dune 7 et surtout la descendre en sautillantcomme un cabri d'une jambe sur l'autre. C'est aussi fun que de descendre tout schuss une piste de ski.

Cape Cross et ses milliers d'Otaries à fourrure concentrées sur une surface  réduite, spectacle sonore, impressionnant mais surtout apprécié des anosmiques. En retraitdeux croix,l'une copie de celle jadis plantée par le portugais premier navigateur à accoster sur ce rivage, dégommée et emportée à Berlin par le colonisateur allemand et remplacée par une plus haute, plus large, .....etplus chère.

La côte des squelettes à gauche de la piste qui monte vers le nord, longue lagune désolée de sable gravillonneux, mouillée d'une brume douce,parsemée dépaves rouillées où l'on évoque le poème de Hugo " Oh!Combien de marins, combien de capitaines, qui sont partis joyeux pour des courseslointainesdans ce morne horizon se sont évanouis" et se remémore l'histoire de cet éleveur  allemand désireux d'implanter  des moutons en Namibie et qui périt noyé avec ses bêtes au bord de ces rivages. C'est donc sans peine que l'imagination reconnaît le souvenir d'un pas sur le sable ou dans ces morceaux de bois blanchis par la mer et éparpillés sur la plage les ossements des malheureux marins  et moutons, car ces épaves, traces et mirages ne s'aperçoivent qu'en les distinguant de ce qui est invisible.

Opuwo, capitale des Himbas déchus que nous apercevons à chaque coin de rue mais aussi des Herreros dont les vêtements rappellent ceux de leur cousins du nouveau monde, les créoles des caraïbes qui, eux ,ont jadis traversé l'océan au fond des cales : petits chapeaux triangulaires colorés, longues robes évasées, mais plus encore les colorations vives souvent orangées des tissus quadrillés. Massacrés par le colonisateur au début du siècle selon des  méthodes germaniques rigoureuses, systématiques et efficaces, prémonitoires à petite échelle de celles bien huilées et plus ambitieuses du génocide de six millions de juifs quarante ans plus tard, leur population s'est fortement réduite au sein de réserves.En quelque sorte une petite Shoah lointaine,  répétition de la grande plus proche et donc plus facile à passer au bleu. Les Herreros comme d'autres tribus d'Afrique ont fourni la "matière" à de nombreuses thèses scientifiques d'anthropologues allemands qui mesuraient minutieusement les crânes des vivants et des morts déterrés afin de démontrer la faiblesse du cerveau de ces "sauvages" comparée aux mensurations aryennes. Peut-être des crânes d'Herreros traînent-ils encore dans les bocaux d'instituts scientifiques allemands.

Opuwo, un grand moment gastronomique : des boulets sauce lapin avec des frites et du vrai sirop de Liège importé directement par avion grâce à la messagerie Vanco and Co, le tout cuisiné sur un feu de bois dans deux marmites locales appelées en Afrikaans  potije. À ce moment du voyage nous ne savions pas encore que d'autres prouesses culinaires suivraient, plus extraordinaires encore, réalisées dans les mêmes conditions, comme une tarte aux pommes,du pain frais...

Damien est le prince de la cuisine extrême !

Vive le potije nous devons en acheter un !

Kamanjab, ville étape avant le parc d'Etosha où nous passons la nuit sous un orage tropical, coupure d'électricité, et inondation du patio de l'hôtel. Nous sommes accompagnés de nos petits-enfants pendant que leurs parents trinquent avec un Belge originaire du Limbourg, propriétaire d'un camping qu'il désire d'ailleurs vendre (il en demande un million d'euros). Avis aux amateurs. Ils nous avoueront le lendemain, un peu pâles, qu'ils ont "mal aux cheveux".


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